De la volonté
Avec le recul je m'aperçois que je me suis souvent lancé des défis de volonté personnelle dans ma vie et que cela m'a fait avancer. Non pas uniquement lorsque j'y suis arrivé mais seulement par le fait même de m'y essayer et d'avoir un objectif Souvent je n'ai pas réussi à atteindre exactement la cible que je m'étais fixé mais chaque fois j'ai fais un bout de chemin avec mon idée en tête. Chez Carrefour on me disait "l'on atteint que les objectifs que l'on se fixe". Finalement je me suis appliqué ce dogme corporate sur tout un tas de sujets. C'est très égoïste un objectif personnel, cela ne sert au départ qu'à soi-même. Pour ma part je ne demande généralement pas trop l'avis de mon entourage, je n'en parle que rarement en fait et je cherche juste à être fiers de moi à la fin.
J'ai écris un bouquin par exemple. Je ne suis pas écrivain de métier et je peux vous dire que c'est un métier pas simple et qui nécessite une sacrée couche de volonté. Certes un bouquin dans le domaine de la technique, j'ai aussi mes limites et je n'ai pas voulu essayer ma plume à un exercice de style plus romanesque.
Au début il s'écrivait tout seul, j'avais beaucoup de choses à dire et beaucoup de notes accumulées. Puis il fut difficile de le continuer, enfin il fut dur de l'achever. Il aurait été tellement plus simple de ne pas aller au bout et que rien n'exista, la tentation de ne pas finir fut tellement forte et être faible était si simple. Mais il y avait un an de travail accumulé en jeux face à quelques semaines pour le finir alors je n'ai pas craqué. Cela m'a pris plusieurs mois pour faire ce travail de quelques semaines pour l'achever, l'éditeur me relançait, mon quotidien d'entrepreneur me prenait.
Je suis fiers de l'avoir finalement terminé et qu'il ait été édité et même vendu honorablement. Je sais maintenant que dans l'effort et face à l'abandon je peux ne pas me laisser faire. Je sais aussi que se lancer dans ce genre de projet implique des efforts dans la durée. Un peu comme une entreprise en fait.
Autre exemple : le jogging. Toute ma jeunesse scolaire j'ai détesté courir à l'école en classe de sport. Je ne comprenais juste pas à quoi cela pouvait bien servir, de plus j'étais toujours dans les derniers à l'arrivée, le calvaire.
Et puis un jour il y a quelques années j'ai décidé de m'y mettre. J'ai arrêté de trouver tous ces joggeurs du dimanche ridicules et je les ai rejoins. Au départ je dois être honnête je n'ai même pas acheté de chaussures car je ne projetais pas trop de faire cela longtemps. J'ai couru 20minutes au début, j'étais essoufflé et je ne voyais pas trop d'effet sur ma corpulence. Déçu, j'étais déçu que ce qui me semblait avoir été un gros effort pour moi (m'y mettre) était aussi loin d'un objectif simple (être beau et avoir un corps musclé). Je me disais que devenir un vrai joggeur dans la durée était impossible pour moi vu l'effort que cela devait représenter.
Et puis mon ami Greg m'a amené voir le maître jedi du jogging à Bordeaux qui m'a appris plusieurs choses. Tout d'abord il ne faut pas courir vite, cela ne sert à rien au sportif du dimanche ou plutôt la règle numéro 1 est de courir à sa vitesse. Ensuite 40minutes ou 1heure c'est accessible à tout le monde, du moment que la règle précédente est respectée.
Je cours depuis cette date tous les dimanche matin 40minutes au moins, ma vitesse a progressé au fil des mois même si je n'ai toujours pas acheté d'appareil qui permet de la mesurer car ce n'est toujours pas important pour moi. Tous les dimanches je suis confronté à la facilité d'arrêter face à l'effort physique, il est tellement simple d'arrêter de se faire "du mal" en arrêtant de courir. Il faut de la volonté même si je l'avoue je devrais me challenger et courir plus longtemps ou plus vite pour pousser mes limites mais bon ce n'est pas mon combat du moment ! Je suis quand même fiers de moi pour ma petite victoire du dimanche matin que je réitère tous les dimanches en plus.
Autre exemple plus récent, ma compagne m'a fait remarquer un matin de mars dernier qu'elle faisait aujourd'hui le même poids que lorsque nous nous sommes rencontrés il y a 10ans. C'est ce que j'appel un avertissement à titre gratuit, en tout cas je l'ai pris comme cela à l'époque !
Elle qui fait du "Powerplate" depuis des mois (pour combattre la cellulite et avoir des abdos), elle a juste réussi à faire un enfant il y a quelques années et à retrouver sa ligne "d'avant" poste ponte du baleineau (sans powerplate à l'époque). J'avais trouvé cela normal et n'avais même pas mesuré les efforts que cela pouvait représenter et je ne me demandais pas trop pourquoi elle ne me suivais pas toujours dans mes quick ou mes macdo multi-hebdomadaire.
Le jogging n'ayant que peu d'effets sur mon poids tout ce que j'ai accumulé d'excès ces 10 dernières années était bien là. Ne faisant jamais un tour sur le pèse personne et ayant décidé que l'image que mon miroir me renvoi le matin n'était pas si nulle, je ne voyais pas la même chose que ma compagne.
Là il m'a fallu choisir entre un régime qui m'avait été étranger à ce jour (genre légumes que l'on voit en photo sur les fiches cuisine dans les magasines que justement la mère de mon fils lit régulièrement) et la facilité du midi gras et des diners d'affaires. Diners d'affaires où je fais découvrir à mes clients étrangers les avantages profonds de travailler avec une startup Internet Française. Les douceurs de la gastronomie Parisienne "so romantic" voir pire celles du Sudouest à Bordeaux. Un petit blanc sec, des gratons de canard, les fritons de canard, pâté de canard maison sur son pain à l'ail euh ... non merci un foie gras cuit plutôt, une cuisse de confit de canard, une part de brebis des Pyrénées allez il reste du pain une deuxième c'est juste pour finir le pain, le pain justement perdu fondu dans la crème brulée au coulis de framboise (le traitre), le tout arrosé d'un St Julien 2000, un café gourmand et l'addition s'il vous plait.
Je m'y suis mis du jour au lendemain, en fait dès le lendemain de la remarque de ma compagne. Je comptais au début le nombre de fois où je disais "non" à un petit dej continental dans un hôtel, ou je prenais la salade Cesars en lieu et place de l'entrecôte frites. Je trouvais cela héroïque et rien que pour cela j'étais fiers de moi. J'ai vite arrêté de compter car la société dans laquelle j'évolue offre juste tout le temps quelque chose à manger pour accompagner son lever, son coucher, son café, sa réunion point projet ou son weekend en famille. J'ai finalement perdu 22kg en deux mois (je vous jure que c'est vrai, j'ai vu sur M6 ce soir le business de la minceur et les efforts que certains font pour en perdre 2 des kilos, je pense qu'il y a là juste un problème de volonté pour le coup !) et suis stable depuis, je fais le même poids qu'à 25ans, mon objectif est atteint et là aussi je suis très fiers de moi.
De la volonté me diriez vous ? C'est assez utile pour bien se connaitre soi même finalement de savoir à partir d'où l'on ne peut plus suivre ...










