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01 mars 2008

Insécurité juridique en France

Le traitement du travail est très particulier en France. J'ai maintenant la chance d'avoir un peu d'expérience dans ce domaine et lorsque le CNE a été présenté par le gouvernement Villepin je n'y ai tout simplement pas cru et je n'ai pas voulu utiliser ce nouveau contrat de travail. Je n'y ai pas cru car le gouvernement de l'époque n'a juste pas eu le courage de donner les vraies raisons et il faut dire que la société n'est pas prête à l'entendre. Et comme l'on ne peut imposer durablement ses vues contractuelles à l'encontre des sentiments profonds partagés par nos concitoyens j'ai préférer modestement anticiper alors ce que l'on constate aujourd'hui.

La décision récente de "convertir" les CNE en CDI ne m'étonne donc pas même si elle m'attriste très sincèrement car elle met les chefs d'entreprise employeurs qui ont choisi de faire confiance à ce nouveau contrat dans une situation qu'ils n'avaient pas cherchés. Les voici eux ayant signé des contrats leur donnant une flexibilité du travail de deux ans face à une responsabilité d'un contrat à durée indéterminée. L'état a pris la plume pour eux !

Pourquoi une flexibilité de deux ans ? Si je prends mon cas actuel (Steek n'est pas représentatif mais cela donne une idée) il y a deux ans nous étions 15 salariés et nous sommes actuellement 40. Le chiffre d'affaire augmente par l'accumulation de nouveaux contrats commerciaux (qui ne sont eux pas à durée indéterminée) qui peuvent nécessiter plus de travail et donc embauche.
J'ai la chance d'être accompagné par des partenaires financièrement bien armés car avant de prendre chaque nouveau contrat je serai sinon dans l'obligation de me poser la question de la croissance qui peut déséquilibrer toute l'entreprise. Le droit du commerce est en effet beaucoup plus flexible que le droit du travail et il n'y a rien d'automatique entre le risque de perte d'un client et la conséquence, pourtant bien réelle, que cela a sur l'emploi.

Embaucher quelqu'un c'est rentrer dans une relation d'échange simple : force de travail, savoir faire et talent contre argent, participation à un projet d'équipe et acquisition de nouvelles qualifications (et dans notre cas parfois "stock option" cad des bouts de l'entreprise elle même).
Alors il reste l'éternel CDD pour "accroissement temporaire" d'activité de l'entreprise. Mais que dire à un collaborateur quand on est dans un "accroissement" que l'on espère pas temporaire et que l'on souhaite le meilleur investissement de sa part dans une relation qui va durer plus d'un an "si tout se passe bien" ? Si tout se passe bien dans le résultat commercial de l'action menée. Pas dans son action à lui seulement mais dans la conséquence de pourquoi il fera les choses.
Que dire lorsque le contrat commercial permet au partenaire de l'entreprise d'arrêter son initiative après un test d'une durée raisonnable disons de douze mois (Steek est dans un domaine ou il faut au moins cette période pour savoir si ce que l'on fait a du sens pour les clients de nos clients) ?

En fait il n'y a rien entre la durée déterminée et la durée indéterminée. Rien entre le "chantier" qui permet de construire un immeuble qui a une date de début et de fin et toute la vie. Rien qui ne relie le commerce et le social. Rien sauf la sous traitance et tant pis si elle est loin de nous.

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