J’ai participé à la création d’une activité visant à mettre à l’abri les données « non structurées » de mes clients. Il est intéressant de noter que dans l’industrie du stockage informatique « non structurées » est le qualificatif approprié pour les données de tout un chacun. C’est un gros tout ce que nous accumulons sur nos ordinateurs personnels de photos, musique, vidéos, emails et fichiers en tout genre. Est-ce à dire que par nature nos vies, nos cheminements intellectuels et nos souvenirs ne sont pas structurés? En tout cas je suppose que s’il y a quelque chose de structuré dans le stockage informatique cela doit être un matériel d’origine non humaine ou d’humains au comportement déviant.
Je suis donc un spécialiste des données non structurées mais aussi à l’initiative d’une équipe recherchant à structurer le « modus operandi » pour répondre au besoin de nos clients.
Pour construire mon économie dans ce domaine novateur il m’a fallu bien au contraire faire usage d’une pensée structurée. Créer une startup c’est un cocktail d’idées, de talents, d’opportunités et de décisions que l’on a plutôt intérêt à structurer si l’on ne veut pas mourir. Avoir les mauvaises doses de chaque ingrédient peut à tout moment créer des dommages durables sur les résultats. Comme de surcroit l’on maîtrise bien moins le facteur temps que dans la recette du gâteau au chocolat, il s’agit aussi de faire évoluer la structure de sa pensée dans le temps. Ce qui est vrai lundi ne l’est pas forcément à partir du mardi. Cela crée évidement des frustrations que l’on est sensé apaiser en partageant les décisions en équipe d’après le manuel du parfait manager. Pour ma part j’ai toujours préféré partager ma vision de l’objectif à atteindre sans me justifier sur ses éventuelles évolutions. Sachant que cette vision n’était pas le fruit d’une illumination mais de la structuration des raisons qui nous amenaient à ces conclusions.
La recherche permanente de la certitude m’a aussi beaucoup marqué ces dernières années dans cette aventure. La certitude tout à fait légitime que le service est bien rendu tout d’abord. Cette donnée « non structurée » est paradoxalement parfaitement valorisable par mes clients. Pour faire simple c’est un peu comme dans votre petit « bordel » de votre grenier sac à main ou vide poche dont les règles de classement sont tout à fait incertaines mais où la somme de ce qui est présent ou est présumé présent est tout à fait sous votre contrôle. Je ne sais pas trop comment j’organise mes fichiers mais je sais que la photo du petit dernier elle était dans mon PC que vous avez sauvegardé, il doit être certain que l’on peut me la rendre.
La certitude tout aussi légitime de la création de valeur pour mes coactionnaires ensuite. Il serait assez malséant que j’évoque ici la somme d’ingéniosité qu’un banquier peut mettre en œuvre pour se garantir un retour sur investissement pourtant prétendu à risque. L’exercice consistant alors à tracer la tangente permettant d’intercepter l’incertitude du retour sur investissement. Ce même exercice amène l’entrepreneur à découper en « blocs » de certitudes son entreprise pour mesurer son marché, ses clients, son canal de distribution, ses avantages concurrentiels, son plan d’affaire enfin qui donnera le rythme de progression attendu dans ce modèle voulu certain. Au fil du temps les certitudes simulées évidement s’effacent dans la majorité des cas et là commence à se jouer la vraie partie intéressante où les hommes peuvent réellement se dévoiler et montrer ce qu’ils sont capable de créer d’unique. C’est un peu comme nos données non structurées, il n’y a aucune règle qui automatise la réussite du plan initial et l’uniformité du fichier excel n’a rien de naturelle, pas plus que les données structurées de l’ERP.

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