Avoir un comportement professionnel est de mon point de vue savoir regarder devant et avancer en tirant les leçons de ce que l’on a appris. Il est bon également de connaître ses limites et reconnaître ses échecs sans perdre son temps à vouloir tirer la couverture (et l’argent) à soi. Le meilleur gain est celui qui est mérité et reconnu.
Alors, lorsque mon ancien directeur commercial de Steek écrit sur la page « Management » de sa nouvelle société : « Raphael’s previous job was at Steek, a French online storage startup. As VP Sales at Steek, Raphael was instrumental in the growth of the company. As the leader of the Sales and Business development teams, he succeeded in bringing the company to a position of international leadership, which led to its purchase by F-Secure, the worldwide leader in VAS security solutions for ISPs. » cela heurte directement mes valeurs et m’oblige à sortir de ma réserve d’ancien co-fondateur et dirigeant de cette société pour rétablir un peu de vérité par respect pour le reste de cette équipe exceptionnelle qui a contribué au succès que l’on connaît.
Autant je le félicite d’entreprendre pour son compte car, en effet, je pense que cette frustration devait de toute évidence être assouvie, et je souhaite à sa société toute la réussite que ses fondateurs en attendent (en plus je trouve l’idée excellente), autant j’estime que Raphaël ne peut pas résumer son aventure chez Steek de la sorte, qui plus est publiquement.
Je me dois donc de rappeler ici que Raphaël Perez, embauché comme directeur commercial, est le seul salarié dont STEEK a été contrainte de se séparer, après avoir notamment constaté, qu’en deux ans, celui-ci n’est tout simplement pas parvenu à conclure un seul contrat. Comme « growth of the company » je pense que l’on aura vu mieux.
Pour ce qui est du « leadership » je ne préfère pas commenter. Ses anciens subordonnés et les membres des autres départements de Steek ont, je le pense, assez souffert de son attitude et je leur souhaite avoir beaucoup appris sur ce contre exemple de travail en équipe.
Quand sa contribution aux relations avec F-Secure, le « led to its purchase » aurait pu être épargné. L’un des motifs de son licenciement est en effet sa perte de sang-froid et de contrôle lors de la négociation finale du contrat avec cette société Finlandaise. Je me suis ainsi retrouvé spectateur incrédule et impuissant d’une scène ubuesque à Helsinki où Raphaël a littéralement insulté le PDG de F-Secure en séance. Au grand étonnement des autres participants présents, il a ainsi placé Steek dans une position critique dans la perspective de la signature de ce contrat de partenariat, qui s’est révélé décisif pour la suite des événements. Ce client a été sauvé, là encore, par la cohésion du reste de l’équipe et après acceptation de mes plates excuses par le grand professionnel qui dirigeait F-Secure à l’époque.
A ceux qui m’ont demandé pourquoi j’ai aussi longtemps soutenu Raphaël, je peux répondre qu’en matière de commerce il faut du temps pour être certain que votre Directeur Commercial n’est pas en situation difficile mais bien en échec et encore un peu de temps pour s’assurer que cet échec est irréversible : quand le problème n’est ni le produit, ni le marché alors il reste celui qui le vend. D’ailleurs, constat objectif, la réussite a été rapidement au rendez-vous après son départ. Et pour ceux qui s’interrogeraient, non, ce n’est pas grâce au travail que Raphaël aurait réalisé en amont. Il n’est en effet intervenu sur aucun des contrats qui ont alors été signés. Les références accumulées dans les deux années qui ont suivi, l’ont été grâce à la seule implication et aux efforts de nos équipes.
Aujourd’hui, Raphaël Perez reste, dans l’aventure STEEK, le seul salarié à avoir entamé une procédure aux prudhommes et à « tenter sa chance » en demandant près de 600.000 € d’indemnités (six cent mille euros, oui vous avez bien lu).
Le Conseil de prud’hommes tranchera.
Quant à moi, ma conviction est faite.
